mercredi 9 avril 2014

Réaction à la tribune de Michèle Cotta: la stratégie Juppé-Bayrou



Michèle Cotta a publié une tribune sur le site Le Nouvel Economiste à laquelle je me suis permis de réagir sur un ou deux points concernant sa définition du centre.

Nous ne devons pas laisser passer une occasion de rectifier le tir, veiller à ce que ceux qui ont la parole qu'ils soient journalistes ou politiques, ne nous enferment pas dans les clichés qui nous enferment dans un rôle de force d'appoint. Je voulais donc partager avec vous le commentaire que j'ai ajouté:

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Une fois de plus, on donne une définition du centre tout à fait caricaturale et absolument illogique : le centre ne peut pas être une sensibilité de droite, sinon ca n’est pas le centre, par définition ! Il faut reconnaitre que pour l’instant c’est pourtant ce que les centristes ont été, des alliés automatiques de la droite, jusqu'à la création du MoDem.

En parlant de l’objectif de l’UDI Michèle Cotta dit « il s’agissait de recréer en France un large rassemblement centriste, à l’égal de ce qui avait été, à la fin des années 70, l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing. C’est-à-dire un mouvement politique d’importance comparable au parti gaulliste d’alors, capable de lui disputer la vedette aux élections locales et nationales, capable surtout de présenter un candidat crédible à l’élection présidentielle. »

Quelques remarques :
1. L’UDF n’a jamais fait élire un Président de la République. VGE a été élu en 1974 et l’UDF a été créée en 1978 à l’occasion des législatives pour donner une majorité au Président
2. L’UDF n’a jamais été un rassemblement centriste, mais une confédération qui abritait en son sein le parti centriste de l’époque le Centre des Démocrates Sociaux (CDS). Les autres partis, comme celui de VGE (Parti Républicain) étaient plutôt droitiers même s’il avait décidé en 1966 de s’autoproclamer centriste lors de la création de son précédent parti Fédération Nationale des Républicains Indépendants (FNRI) en opposition à De Gaulle

Elle ajoute sur François Bayrou « François Bayrou, requinqué par sa victoire à Pau, peut-il être le rassembleur d’un centre autonome, sur le mode, donc de l’ex-UDF, ayant vocation à faire élire un président de la République dans ses rangs ? »

De facto, cette phrase est profondément inexacte si on s’en réfère aux 2 remarques précédentes, et sachant que l’UDF n’a jamais été indépendante mais toujours alliée au RPR pour faire élire des parlementaires par exemple, et retrouvant un semblant d’indépendance au moment de la Présidentielle pour satisfaire l’ego de ses leaders plus que pour proposer une réelle alternative au RPR.

Le centre à droite ne sert à rien. François Bayrou l’avait bien compris mais il semble penser maintenant que c’est impossible autrement, simplement parce qu’il n’y est pas parvenu. Dommage, mais dans ce cas appelons un chat un chat, et n’appelons pas la droite modérée le centre.

dimanche 6 avril 2014

Centristes n'ayez pas peur: l'alternative indépendante est possible!

Alerte rouge au centre, une de plus.

D’un point de vue médiatique, la division gauche-droite et le bipartisme PS-UMP a refait le plein pendant la séquence des municipales, avec une seule Alternative qui n’est évidemment pas celle que l’on aurait voulu: le Front National Rassemblement Bleu Marine ou “FNRBM” comme l’appelle maintenant Marine Le Pen. Elle a en effet déclaré “Pour les intérêts vitaux de la France, j’appelle tous les Français à dire "OUI" à l’alternative politique du FNRBM.” Une sémantique doublement bien choisie. Elle a aussi ajouté “Il est né une troisième force politique française autonome” histoire de bien préempter l’espace.

L’autre enseignement de ce scrutin, l’abstention historique, a favorisé ce basculement vers l’UMP ainsi que les victoires des rois du clientélisme à Levallois-Perret, Issy-Les-Moulineaux ou encore Puteaux. Oui, j’ai bien nommé l'inénarrable UMP-92.

Dans ce contexte, le “centre” a dû faire de l’autosatisfaction pour que l’on parle de lui entre deux graphes de résultats qui montraient gauche, droite et FN:  “Nous sommes la troisième force du pays en nombre de conseillers municipaux et de maires élus”, a ainsi lancé Rama Yade tandis qu’Hervé Morin avait la tête dans les nuages “sans l'UDI et sans les centristes, le ciel politique serait davantage bleu marine que bleu ciel.”

Bipartisme + FN
Source: Le Parisien

Faisons une analyse rapide, sans aller dans les détails. D'abord quelques faits:
  • Parmi les villes remportées par une liste UMP-UDI, "53 conquêtes sont à mettre à l'actif de notre parti", a déclaré Philippe Vigier le porte-parole de l’UDI. 
  • Le MoDem quant à lui (concentré à Pau), calculait avoir fait 15% au premier tour dans les villes de plus de 10.000 habitants. 
  • 115 communes de plus de 10.000 habitants auront un maire UDI ou MoDem (une progression puisqu'ils étaient 70)
  • Enfin, la répartition des 256 mairies de plus de 30,000 habitants est ainsi faite : UMP 109, PS 56, UDI 28, PC 22, DVD 19, DVG 12, MoDem 6, EELV 2, FN 2

Source: Le Monde

Mettons maintenant quelques bémols a tout cela:
  • La plupart des élus UDI voire MoDem doivent leur élection aux alliances avec l’UMP. Bien sûr je ne dis pas tous mais la majorité. D’une part, il y avait très peu de listes UDI, MoDem ou même Union de Centre, et même aucune dans les villes de plus de 100.000 habitants par rapport au nombre de listes Union de la Droite qui comprenaient des colistiers UDI et/ou MoDem… Seuls Nancy (déjà dirigée par un UDI qui ne s'est pas représenté) et Amiens ont un maire UDI pour les grandes villes.
  • L’UDI a fait beaucoup plus d’alliances avec l’UMP qu’avec le MoDem, et dans la répartition des maires entre l’UDI et le MoDem, il y a réel avantage à l’UDI évidemment, comme on le voit clairement dans les chiffres des 256 villes de plus de 30.000 habitants
  • La majorité des maires UDI est en fait des réélus, c’est à dire qu’ils étaient UMP ou satellites-UMP (type Nouveau Centre) en 2008 lors des dernières municipales ...

Alors pourquoi je vous raconte tout ça?

Evidemment parce que nous allons droit(e) vers une OPA locale du MoDem par l’UDI, l’avénement (ou le retour) du concept de centre-droit, c’est à dire une droite modérée qui n’existe que pour faire élire des petits barons locaux mais pas pour diriger et réformer la France. Nous allons aussi vers l’acceptation de cette idée qui consacre le bipartisme et qui le rend synonyme de bipolarisation des institutions. Dans le même temps, le FN fait la preuve de la validité électorale et idéologique de la “troisième voix”, et le taux d’abstention semble même nous signifier qu’il y en a peut-être une quatrième... Enfin, plus de 34,000 Conseillers Municipaux (sur environ 210,000) sont classés en “Divers”, pas Divers Gauche ou Divers Droite mais juste Divers et sont en fait la 3eme force municipale de la France en nombre d'élus. Qui sont-ils? Difficile à dire dans le détail, mais j'aimerais bien qu'un journaliste se pose la question.

Il nous manque donc, encore et toujours, le courage de tirer les leçons des échecs du passé et de se dire que ça n’est pas parce qu’on n’a toujours pas su le faire que c’est impossible.

Je ne me fais pas d’amis en ce moment au sein du MoDem et certains (qui se reconnaitront s’ils lisent) traitent mon approche de “romantisme à deux sous” ou me demande de  “devenir adulte.”

A choisir, je préfère effectivement le syndrome de Peter Pan à celui de l'autruche. Si cette conviction, cette volonté et cette passion sont du romantisme et de la puérilité, alors j'accepte d'être un gamin avec une fleur dans les cheveux.

Il n’y a qu'une et une seule raison pour laquelle nous sommes dans la situation d’avoir dû revenir plus ou moins officiellement dans le giron de la droite pour avoir des élus: l'incapacité des leaders du MoDem à donner aux Français une vision claire de ce que représentait un centre indépendant, une troisième voix autonome de la gauche et de la droite, mais ouverte à des idées ou des personnalités de gauche et de droite. L’incapacité aussi à se former depuis la base en s’organisant scrupuleusement pour toutes les élections intermédiaires depuis 2007. C'est cet échec qui fait que le nombre de militants et de cadres du MoDem a fondu comme neige au soleil après le succès Présidentiel de Francois Bayrou en 2007, et la fondation du parti.

Je ne veux pas d'un centre-droit, d'alliance automatique, de devoir des postes à l'UMP, de tambouille électorale. Ca n'est pas pour ça que je suis venu au MoDem, mon premier encartage politique.

Un dernier mot sur les Européennes. Un sondage met l’UMP à 24%, le FN à 22%, le PS à 19%, EELV à 10% et le Front de Gauche et l’UDI-MoDem à 8%. C’est le deuxième sondage qui nous met à ce niveau alors qu’avant les municipales nous étions plutôt à 11-12% et avant l’Alliance nous étions à 6-8% chacun! Je pense que la victoire de l’UMP aux municipales et notre retour dans le giron de la droite y sont directement pour quelquechose.

Nous avons péché par l’incapacité à nous différencier suffisamment politiquement.

Nous avons fauté en laissant le centre n'être qu'une sensibilité de droite.

Nous allons peut-être manquer à notre engagement européen si la campagne n’est pas à la hauteur.

En tant que militant et citoyen, je demande donc aux leaders du MoDem et de l'UDI de considérer le fait que les français souhaitent clairement autre chose depuis des années et que la leçon des municipales n'est pas que l'heure est propice à taper sur la gauche et faire copain avec la droite pour se faire élire.

L'heure est à se dire qu'un parti, MoDem + UDI, qui peut peser entre 8% et 15% dans n'importe quelle  élection a un rôle clef à jouer en France. Nous avons vu que la présence des “centristes” dans le gouvernement de Fillon n'avait pas empêché la mise en oeuvre d'une politique qui nous a menée au mur. De la même façon, EELV dans le gouvernement socialiste ne semble pas avoir eu la marge de manoeuvre nécessaire à faire autre chose que ce que les socialistes voulaient. Ces alliances ne changent rien aux politiques des gouvernements de droite et de gauche, et laissent donc sa place au FN.

“Les élections municipales ne sont que des élections locales” et “il faut être élu pour compter” ne sont que des excuses pour se donner bonne conscience et aller à la soupe. Le vrai courage serait de se battre pour autre chose…Il n'est jamais trop tard.



Quelques cartes:
Sélection de grandes villes et préfectures: 9 UDI et 4 MoDem
Source: TV5 Monde
Source: l'avenir.net
Source: l'avenir.net

samedi 5 avril 2014

Citoyens européens à l’étranger et élections européennes 2014


Plus de 20 millions d'européens vivent dans un pays autre que celui où ils sont nés. La moitié réside dans un autre pays de l'Union Européenne, l'autre moitié en dehors de l'UE, principalement aux Etats-Unis (environ 6 millions), au Canada (plus de 2 millions), en Suisse (plus d'1 million) ou encore en Turquie (plus d'1 million). Prise ensemble à travers le monde, cette population de citoyens européens est de la taille d'un pays comme la Roumanie, qui représentée par 32 Députés au Parlement Européen.

Pour plusieurs raisons, cet état de fait mérite que l'on s'y intéresse et que l'on s'en occupe, et c'est pourquoi nous avons créé une association citoyenne non-partisane mais clairement pro-européenne: European Citizens Abroad.

Alors pourquoi?

Un enjeu pour la modernité de notre démocratie

Dans ce cadre nous avons en effet une requête: l'égalité du droit de vote pour tous les citoyens européens aux élections du Parlement Européen. C'est d'actualité et loin d'être aussi évident que cela devrait être.

En effet, si un irlandais, un maltais, un chypriote ou un slovaque vit en France par exemple, il ne pourra pas voter pour les candidats de son pays. Etant citoyen européen, il lui reste néanmoins la possibilité de s'enregistrer pour voter pour les candidats du pays dans lequel il réside, donc la France dans cet exemple. Tous les autres Etats Membres donnent le choix à leurs citoyens, qui peuvent donc décider pour quel pays voter souvent en fonction du temps passé hors du pays d'origine et de la connaissance des personnalités politiques ou des partis en présence.  Un premier élément important est donc de s'assurer que les citoyens européens non-nationaux soient bien au fait des différentes règles d'inscription et des procédures de vote en fonction de ce choix.

En dehors de l'UE, il n'y a pas de choix, on ne peut évidemment voter que pour les candidats d'un pays dont on est directement citoyen. Cette situation pourrait s'inscrire dans le débat qui a déjà eu lieu sur la création d'une circonscription pan-européenne qui serait éligible par tous, et donc pourquoi pas également par ces citoyens expatriés, mais cela n'est sans doute pas le point le plus important pour le moment. En effet, il faut savoir qu'en plus des quatre pays précédemment cités, la Belgique, le Danemark, la Grèce et l'Italie ne permettent pas à leurs citoyens hors UE de voter pour les élections européennes. C'est un droit que les français viennent de retrouver après deux élections auxquelles ils n'ont pas pu participer en 2004 et 2009. Cette année, nous pourrons voter spécifiquement pour la circonscription d'Ile de France.

Il y a donc un besoin clair de faire entendre notre voix, et c'est ce que nous avons entrepris au travers de notre campagne "Europeans Abroad Vote 2014" et de la pétition en ligne que nous avons initiée pour demander l'égalité du droit et des procédures de vote. Ce ne sont que les première étapes.

Un enjeu pour le partage d'expérience et le potentiel de synergies dans plusieurs secteurs d'activité

Entrepreneurs, chercheurs, enseignants, étudiants, artistes, journalistes, employés de multinationales... la liste de ceux qui tentent cette expérience est longue, grandissante et variée. Imaginez donc le potentiel avec 28 pays dans l'UE. Prenons l'exemple de la situation aux Etats-Unis, qui est celle que je connais le mieux. Il y a un réseau d'une centaine d'ambassades et consulats à travers le pays. Il y a une délégation de l'UE, un bureau de liaison entre le US Congress et le Parlement Européen à Washington, ainsi qu'une représentation européenne aux Nations Unies à New York. A ce réseau diplomatique, vous pouvez ajouter toutes les branches des chambres de commerce franco-américaine, germano-américaine, italo-américaine... en plus de la European-American Chamber of Commerce, les écoles internationales parmi lesquelles de nombreux lycées français, les instituts culturels parmi lesquels les nombreuses alliances françaises, les programmes académiques et notamment les 10 EU Center of Excellence dans de prestigieuses universités américaines, les groupes d'expatriés, associations sportives...cette énumération ayant pour but de vous donner le vertige, mais aussi une idée du potentiel de coopération. Evidemment, je n'ai même pas mentionné les sièges et autres structures des entreprises européennes.

Avec la création du External European Action Service (EEAS) par le Traité de Lisbonne pour accompagner l'effort de stratégie commune dans les affaires extérieures, nous voulons lancer un appel à plus de synergies et de coordination de toutes les forces vives de l'UE, c'est à dire la reconnaissance d'une société civile européenne à l'étranger.

Un enjeu pour la citoyenneté européenne

Que signifie être citoyen européen? C'est dans les yeux et les termes de ceux qui ne le sont pas que l'on peut sans doute comprendre le mieux. C'est aussi en vivant dans un autre pays de l'UE que l'on peut s'en rendre compte le plus. Exercer son droit de libre circulation est une opportunité sans précédent de faire tomber les frontières psychologiques que certains ont peut-être gardées. Il ne s'agit pas de prétendre effacer les différences ou suggérer l'existence d'une Europe uniforme, mais d'en reconnaitre la richesse, la diversité et le nombre important de fondements communs. Cette conversation que l'on essaye d'avoir depuis longtemps, ou plutôt que nos gouvernants tentent d'avoir pour nous, doit absolument avoir lieu entre nous, citoyens. Ceux qui ont l'expérience de la vie à l'étranger peuvent contribuer de manière unique et donner leur vision propre de la citoyenneté européenne.

L'influence de l'UE dans la monde dépend donc aussi de ses citoyens et de leur capacité à savoir s'unir. Les Français le font très bien, mieux que beaucoup d'autres, car l'importance que nous accordons à la place de la France à l'international s'est traduite par l'investissement structurel et culturel correspondant, sans compter l’existence de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Les citoyens se sont investis et donc les politiques aussi avec la création de l'Assemblée des Français de l'Etranger (avec la récente réforme instituant l'élection directe de 443 Conseillers Consulaires pour un rôle de proximité) de 12 Sénateurs, d'un Secrétaire d'Etat et de 11 Députés.

Le Parlement Européen doit représenter les citoyens de l'UE et pas seulement les citoyens dans l'UE. Sans un besoin absolu d'une représentation spécifique des européens à l'étranger, il nous semble cependant évident que leur droit de vote doive être systématiquement reconnu. Aussi, les 139 délégations et bureaux de l'UE pourraient jouer un rôle clef dans la coordination de cette société civile européenne à l'étranger. Il faut juste leur en donner la responsabilité... et les moyens.

samedi 8 mars 2014

Les Européens: l'espoir multiple?




L'Europe en a besoin, la France en a besoin, le Centre en a besoin…

Je reste critique de nombreuses choses qui ont été faites dans le cadre de la création de l'Alternative, et la raison pour laquelle je reste encore un membre du MoDem, est parce qu'il serait ridicule de mettre de côté le fait qu'au delà des choix qui sont faits dans la manière, je reste très largement d'accord avec les idées et le fond.

J'espère donc que le fond et la forme vont pouvoir se retrouver dans le cadre de la campagne pour les élections du Parlement Européen en Mai 2014, et j'accueille très positivement l'annonce du lancement de la liste "Les Européens".

Une liste indépendante basée sur la compétence, l'expérience des problématiques européennes, l'équilibre sur le plan politique entre le MoDem et l'UDI et aussi sur le plan des personnalités, de leur âge et de la parité homme-femme.

Voici donc le document de présentation des têtes de listes et de leurs numéros 2 et 3 pour chaque circonscription.

Une bien belle liste sur le papier, pour une belle campagne pro-européenne… des espoirs multiples.






mercredi 26 février 2014

Ce que le MoDem aurait pu dire aux municipales



On a le droit d'imaginer des choix "alternatifs" non? En voici un, le type de discours que j'aurais aimé entendre de la part du MoDem:

"Messieurs dames, si nous faisons de la politique, ça n'est pas pour réfléchir à qui nous allons soutenir au deuxième tour. Ceux qui travestissent notre position sont ceux qui en ont le plus peur. Imaginez-vous! Un parti qui transcende les partis et qui brise les réflexes d'allégeance automatique! Avant de parler de "géométrie variable" raisonnons plutôt en terme d'action publique et municipale. La charte que nous vous présentons aujourd'hui représente des principes clefs que nous jugeons essentiels pour la bonne gouvernance d'une ville française.

Nos équipes locales ont maintenant la charge de travailler sur leur mise en pratique en fonction des problématiques particulières auxquelles leurs communes sont confrontées.

Dans certains cas, nous ne trouverons pas de partenaires dans d'autres partis qui pourront honorer ces principes. Nous irons ainsi les défendre seuls face aux électeurs. Dans d'autres situations, nous trouverons des points d'accord suffisant pour mettre en place des partenariats avec des personnalités de gauche ou de droite. Pas LA gauche ou LA droite, mais des PERSONNALITES de gauche ou de droite. Dans tous les cas, nous vous annoncerons la couleur clairement et à l'avance.

Il n'y a aura pas de danse du ventre ou de nécessité d'imaginer des nouveaux clichés ou quolibets pour représenter de manière caricaturale notre position. Il y aura des idées, des convictions et un combat pour les communes de France. Nous ne nous laisserons pas enfermer dans des schémas réducteurs de politique-politicienne nationale. Nous continuerons à porter une démarche de vérité, de courage et d'exigence, dans l'indépendance."

Au lieu de cela:


samedi 22 février 2014

Nous allons vivre ensemble - Partie 1

Partie 1: Introduction à la sémantique du vivre ensemble




Un premier point qui semble évident est le fait que nous ne soyons absolument pas parvenus à avoir la bonne conversation sur ce thème. Nous avons même lamentablement échoué.

Sans doute parce qu'il comprend plusieurs sujets, que certains d’entre eux sont liés (immigration et multiculturalisme) et d’autres ne le sont pas directement ou exclusivement (immigration et sécurité). Du coup, il règne une grande confusion sémantique qui est largement aggravée par la récupération et la surenchère de la classe politique qui cherche à s’approprier tel ou tel terme en affirmant posséder le seul mot qui reflète « ce que pensent les français », « ce que veulent les français », « ce dont les français ont besoin », sans le leur avoir jamais vraiment demandé.

La vérité (oui, JE la détiens !) est que nous avons sans doute davantage besoin de sociologues pour l’étude et les hypothèses, et des citoyens eux-mêmes pour apporter leur ressenti, leurs idées et leurs souhaits, que de politiciens qui jouent à qui mieux-mieux:

  • Le racisme ? Rien que de l'évoquer est déjà du racisme !
  • L’intégration ? J'espère que vous voulez dire assimilation ?
  • L’identité ? Un scandale ! Qu’est ce que ca veut dire au fait… ?
  • L’immigration ? Pour les uns: un sujet de racistes, qui en fait ne pose pas de problème ni sur le plan économique ni sur le plan social. Pour les autres: un bon prétexte pour faire semblant de ne pas viser les français d’origine étrangère (surtout les basanés).
  • Le multiculturalisme ? Un reniement de l’histoire de France !
  • Le communautarisme ? Un effet secondaire du multiculturalisme.
  • La laïcité ? Un mot païen !

Bon ! Ca va être facile d’avoir une conversation ! (voir notre lexique en fin d'article)

Y a-t-il des bons mots ? On pourrait dire inclusion plutôt qu'intégration pour la notion d’action plus volontaire que forcée, et puis interculturel plutôt que multiculturel pour l’idée de réciprocité et de partage plus que de mélange imposé… Mais je suis certain que d’autres pourraient les comprendre autrement et les réfuter, donc nous voici de retour à la case départ, par où la sortie ?

En voici peut-être une et, si je ne suis pas le premier à l’évoquer, il est sans doute utile de la mettre dans le contexte d’une démarche qui pourrait mettre tout le monde d’accord.

La démarche est la suivante : dans mon activité professionnelle, quand je me trouve confronté à un problème auquel il n’y a pas de solution évidente ou au sujet duquel les idées au sein de l'équipe divergent, je pose toujours la même question : qu’essayons-nous d'accomplir ? J’ai toujours trouvé que partir du but, de l’objectif, permettait de fédérer mes interlocuteurs autour de cet élément commun. Il faut cependant que celui-ci soit un peu précis et aille au-delà de « nous voulons gagner…réussir…être heureux… »

Alors, nous-y sommes. Toutes ces discussions, ces disputes, ces mots et leurs définitions parlent tous de la même chose, et s’orientent tous vers le même objectif : vivre ensemble.

Doit-on aller jusqu'à en faire un substantif  « le vivre-ensemble » comme nous l’avons souvent lu et entendu, ou bien lui laisser sa qualité de verbe qui définit une tâche à accomplir, ou encore en faire un talent, une manière de faire à la française telle que « l’art de vivre ensemble » ?

Il faut reconnaitre que les personnalités politiques en parlent déjà. François Bayrou en avait fait un grand thème de sa campagne présidentielle de 2012, et j’en profite pour rappeler ou présenter à ceux qui ne l’avait pas vu le plaidoyer pour une France solidaire « Nous allons vivre ensemble » que le candidat du MoDem avait prononcé au Zenith de Paris le 25 Mars 2012. Un montage vidéo et un discours magnifique sur une version de la Marseillaise arrangée par Guito Joseph (en passant : non, il ne faut pas changer notre hymne national bien évidemment, mais oui, il faut bien sûr accepter ces adaptations artistiques).

Le message le plus important est bien là à mon avis, comme le disait François Bayrou dans son discours : « Nous allons vivre ensemble ! Tous, tous nos enfants, si différents, chrétiens, juifs, musulmans, ou autre chose, ou rien du tout, Français en tout cas, tous Français, ils sont sur les bancs de la même école. Ils forment le même pays. »

Ensemble, nous formons un pays. Un pays c’est des racines, une histoire, une culture, des règles, des valeurs, de la diversité… du respect.

Ensemble, nous sommes Français. 

C’est à nous, citoyens, d'affirmer haut et fort : nous allons vivre ensemble.


C'est sur la base de cette volonté et de cet angle d'approche que je vous propose donc de continuer notre réflexion et d'aborder les parties suivantes.

Qu'en pensez-vous?




SERIE "NOUS ALLONS VIVRE ENSEMBLE":

Partie 1: Introduction à la sémantique du vivre ensemble
Partie 2: Immigration & Intégration en France
Partie 3: Vivre ensembe dans les communes françaises
Partie 4: Unis dans la diversité - vivre ensemble en Europe
Partie 5: Le melting-pot américain


LEXIQUE DU VIVRE-ENSEMBLE:

Racisme:
  • Idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie; Attitude d'hostilité systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personnes. (Source Larousse)
Immigration:

Installation dans un pays d'un individu ou d'un groupe d'individus originaires d'un autre pays. (L'immigration est le plus souvent motivée par la recherche d'un emploi et la perspective d'une meilleure qualité de vie.) (Source Larousse)

Intégration:
  • Action d'intégrer ; fait pour quelqu'un, un groupe, de s'intégrer à, dans quelque chose; Fusion d'un territoire ou d'une minorité dans l'ensemble national. (Source Larousse)
Assimilation:

Considérer quelque chose ou quelqu'un comme semblable à quelque chose ou quelqu'un d'autre, ou le traiter comme tel : Une convention qui assimile les agents de maîtrise à des cadres.
  • Intégrer quelqu'un, une minorité à un groupe social, lui faire prendre les caractères de celui-ci : Un pays qui a assimilé des millions d'étrangers. (Source Larousse)
Identité:

Caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité, sa singularité : Personne qui cherche son identité. Identité nationale. (Source Larousse)

Multiculturalisme:
  • Coexistence de plusieurs cultures souvent encouragée par une politique volontariste.
  • Courant de pensée américain qui remet en cause l’hégémonie culturelle des couches blanches dirigeantes à l’égard des minorités (ethniques, culturelles, etc.) et plaide en faveur d’une pleine reconnaissance de ces dernières. (Source Larousse)
Communautarisme:

Tendance du multiculturalisme américain qui met l'accent sur la fonction sociale des organisations communautaires (ethniques, religieuses, sexuelles, etc.). (Source Larousse)

Laïcité:
  • Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l'organisation de l'enseignement. (Le principe de la laïcité de l'État est posé par l'article 2 de la Constitution française de 1958.)
  • Caractère de ce qui est laïque, indépendant des conceptions religieuses ou partisanes : La laïcité de l'enseignement. (Source Larousse)

vendredi 14 février 2014

Nous allons vivre ensemble: la blog série


Je ne suis pas un expert du sujet que je m’apprête à traiter. Cependant, la façon dont cela est fait aujourd’hui dans les media m’exaspère, me voici donc d'office tout à fait légitime pour donner mon opinion.

Parce que c’est un sujet très complexe et sensible, j’en parlerai en plusieurs fois, en me réservant le droit de me corriger en fonction de vos remarques et mes lectures futures. En effet, ce qui suit risque d’être parfois maladroit, pas très politiquement correct, de toutes façons discutable et j’espère bien que ce sera discuté. 

Vivre ensemble est une responsabilité collective, et nous sommes donc tous coupables pour ne pas réussir à le faire suffisamment bien.

Dans une première partie, nous tâcherons de passer en revue la terminologie, la sémantique du Vivre Ensemble. Dans les billets suivants, nous parlerons de quelques sujets qui fâchent derrière les mots que nous aurons évoqués en première partie. Nous parlerons aussi des municipales évidemment, et de la ville comme unité de choix pour travailler l’art de vivre ensemble. Le slogan du PS « la ville qu’on aime pour vivre ensemble » en témoigne, et la dernière lettre de l’Observatoire national de l’Action Sociale décentralisée (ODAS) « les villes et le vivre-ensemble » sera une source d’information intéressante à discuter. Pour continuer à coller à l’actualité électorale, nous discuterons de l’Union Européenne et de sa devise « Unie dans la diversité » dans une troisième partie. Enfin, nous évoquerons l’expérience américaine, leur modèle d’intégration (justement), et ce que cela peut signifier aujourd’hui.

C’est à nous, citoyens, de conduire ce débat sans instrumentalisation ni démagogie.

C’est à nous, citoyens, d'affirmer haut et fort : nous allons vivre ensemble.




SERIE "NOUS ALLONS VIVRE ENSEMBLE":

Partie 1: Introduction à la sémantique du vivre ensemble
Partie 2: Immigration & Intégration en France
Partie 3: Vivre ensembe dans les communes françaises
Partie 4: Unis dans la diversité - vivre ensemble en Europe
Partie 5: Le melting-pot américain