dimanche 1 janvier 2017

Et 2017 arriva...

Chers Amis,

Ce blog rentre dans sa sixième année, symbolisant six ans d’engagement politique.

L’an dernier pour ce traditionnel billet de bilan, j’exprimais des difficultés à écrire, ne sachant pas par où commencer dans la foulée des horreurs de janvier et novembre 2015. Aujourd’hui, il me semble que nous avons malheureusement dû commencer à nous habituer, à intégrer le danger terroriste dans notre quotidien, mais évidemment pas à l’accepter.

Je n’arrivais pas à être très positif l’an dernier et 2016 nous a en effet amené un lot de surprises toujours plus inquiétantes : le BREXIT et la poussée des populismes en Europe, le virage totalitaire de la Turquie, l’enlisement de la guerre en Syrie, le retour de la Russie béligérante, l’élection de Trump et bien sûr toujours plus de terrorisme chez nous, au Moyen Orient et en Afrique notamment avec Boko Haram devenu Daech d’Afrique de l’Ouest.

Sur ce sujet, 2016 aura fini sur une note positive avec l’arrestation par les services secrets du Nigeria du chef de Boko Haram le 3e terroriste le plus recherché du monde.

Et cela correspond à l’espoir que j’ai pour 2017. Un espoir toujours mêlé d’inquiétudes mais un sentiment que les événements tragiques ont un impact sur la prise de conscience et la volonté des peuples à prendre les choses en main.

Dans un sens ou dans l’autre, nous voyons que les citoyens déjouent les sondages et radicalisent leurs votes. Il faut que cette radicalisation soit synonyme de changement significatif mais pas dans un sens extrémiste de repli. Il faut donc saisir le moment, cette volonté qui existe et doit trouver une autre voie pour ne pas sombrer dans la facilité de la démagogie.

Je n’imaginais pas qu’une voix porteuse d’espoir pourrait venir d’un leader « du passé ». Tony Blair dans une interview publiée le 30 décembre a déclaré : « L’une des caractéristiques déterminantes de cette révolte réside en ce que l’aspiration au changement est devenue plus importante que toute considération relative à ce qu’un tel changement pourrait signifier en pratique. Peu importe que les déclarations de acteurs qui surfent sur cette vague s’inscrivent en total décalage avec les règles habituelles de la conduite politique ; l’important c’est que la révolte ait lieu. Quiconque parvient à attraper cette vague peut espérer la consécration. »

Et il nous pose un défi politique pour 2017 : « le centre doit se réapproprier l'initiative politique »

Si vous lisez les feuilles de ce blog, vous savez que ce défi m’anime, comme beaucoup d’entre vous, depuis des années. En octobre dernier, j’ai essayé de lui donner une nouvelle dimension en créant Blogueurs Centristes, la première plateforme de rassemblement des blogueurs du centre. Nous sommes 16 auteurs, blogueurs, de toutes tendances, du MoDem, de l’UDI, de l’UDE, soutiens de Jean Lassalle, non-encartés, mais tous centristes rassemblés autour des mêmes idées fondamentales.   

Il est très intéressant de nous rendre compte que ce que nous appelons centre-gauche et centre-droit peuvent facilement se retrouver, bien plus que leur tendance naturelle a pencher d’un côté ou de l’autre. C’est le rôle des « centristes du centre » de constituer un pôle d’attraction, une force crédible, indépendante... et irresistible.

Avec mon ami Philippe Dervaux de l’UDI, nous allons essayer de poursuivre l’ambition de Blogueurs Centristes en publiant en début d’année un essai avec l’ambition de démontrer aux sympathisants de ce courant que c’est possible. Nous proposerons, au-delà des analyses politiques, des idées précises à la fois sur ce qu’est le Centre et sur ce que pourrait être une politique centriste, ses priorités, ses partis-pris, ses différences. J’en parlerai très prochainement ici et ailleurs...

Tout ceci complète l’action que je continue à mener au MoDem au sein de la Fédération des Français à l'Etranger, avec une équipe en ordre de marche pour aborder les prochaines élections législatives dans toutes les configurations que nous pourrions imaginer.

Comme toujours, il ne me reste qu'à vous remercier, lecteurs de ce blog Des Mots Crates, pour votre fidélité, votre soutien et votre engagement.  

Le centre est une conviction, pas une hésitation.

Excellente année 2017!

Olivier


dimanche 11 décembre 2016

La politique des besoins


La France est un peuple qui se révolte contre les injustices, qui ne se soumet pas et sait détruire pour reconstruire. C'est aussi devenu un peuple qui a peur, qui craint le changement et a tendance à voir le verre à moitié vide. Nous ne sommes pas à un paradoxe près et pourtant la coexistence de ces deux constats peut se comprendre aisément.

La politique d'apothicaire 

L'important cependant est de partir de là. C'est une question de méthode mais aussi il me semble une question de justesse. Partir de ces constats plutôt que des problématiques d'apothicaire que l'on nous sert à longueur de programmes présidentiels: baisser le chômage, retrouver la croissance, réduire les dépenses publiques, augmenter l'âge de départ à la retraite et le temps de travail, ajouter des points de TVA etc... Ces questions sont évidemment importantes, mais elles sont des éléments d'action qui ne font ni une vision ni une direction ni une réponse à long terme aux interrogations les plus profondes des citoyens.

Car ces citoyens ne veulent pas être réduits au simple rang de contribuable, d'électeur, de constituant ou de client. Ces citoyens vivent dans un pays avec leurs voisins, leurs collègues et évoluent dans un monde complexe et en mouvement perpétuel. 

Deux lames de fond

Je reprendrai les éléments de réflexion déjà présentés dans un billet précédent et qui me semblent naturellement venir compléter celui-ci:

Il y a deux lames de fond qui divisent notre monde et qui valent au moins pour la plupart des pays occidentaux:
  • l'exclusion d'une grande majorité de la population mondiale de notre système économique et leur sentiment d'abandon et de rejet des élites (corrompues)
  • le retour d'une idéologie sectaire de domination, conquête et destruction, avec l'exemple le plus visible (mais pas unique) de l'islamisme radical, véritable nazisme du 21e siècle.
On voit ces deux idées évoquées au travers de mots si souvent dits et répétés: les effets pervers de la globalisation, et la menace de l'islam politique.

Nous en voyons depuis plusieurs années des conséquences et manifestations: de "occupy wall street" à "nuit debout" sur le versant économique, et bien sûr la montée du terrorisme dans de nouvelles formes plus imprévisibles, plus proches de nous, plus meurtrières aussi avec la création de Daech pour la partie nouvelle idéologie dominatrice/destructrice. 

Le mélange des deux s'opère dans une spirale vicieuse qui s'auto-alimente, crée cette fameuse et profonde crise identitaire qui se caractérise par une recherche de sens, un retour aux sources, un fort conservatisme, une montée des communautarismes, une peur et une haine de l'autre, un repli sur soi. Cela donne lieu aussi à des mouvements politico-sociétaux notamment en France avec la manif pour tous et sens commun par exemple qui s'inscrive dans des mouvements de droite conservatrice.

L'heure de la conciliation 

Comment concilier ces sables mouvants, ces besoins si nombreux, ces forces contraires? Je n'ai sûrement pas la prétention de pouvoir résoudre ces grandes questions en 4 lignes, mais ce blog garde une ambition de contribution, de réflexion et de proposition. 

Pour la France, ce peuple qui sait se révolter et qui doit être protégé des débordements, il faut urgemment et impérativement adresser le problème des inégalités et des injustices. "Ca y est, il a viré socialiste" pensez-vous. Justement pas, car le socialisme a définitivement démontré qu'il était incapable de résoudre quoi que ce soit car complètement paralisé dans une mue idéologique que l'immédiateté du réalisme électoral l'empêche de réaliser.

Je pense qu'il y a peut-être une piste un peu plus innovante pour s'attaquer au vaste problème des inégalités: le faire par l'angle des besoins fondamentaux de l'homme ou plutôt du citoyens (les besoins fondamentaux sont souvent définis par la pyramide de Maslow ou les 14 besoins de Henderson, ce qui suit n'est que l'emprunt de cette terminologie, mais on retrouve des similitudes bien sûr). 

Il faut dégager de fortes priorités autour de ces besoins et des métiers qui leurs sont dédiés. Back to basics, retours aux fondamentaux de l'humanisme!

Se nourrir: les agriculteurs 
Se loger: les métiers de la construction
Se déplacer: les métiers du transport
Se soigner: les médecins, les infirmières
S'instruire: les enseignants 
Être protégé: la police, la gendarmerie, les pompiers

6 domaines, les corps de métiers qui leurs sont associés, devraient constituer la priorité d'une nouvelle politique humaniste. Pour accompagner l'agriculture, le logement et les transports, une politique de grands travaux devrait être définie sur un fond de développement durable pour créer et relier les communes, villes et villages, du XXIe siècle. La revalorisation de ces métiers ainsi que des médecins, infirmières, enseignants, policiers, gendarmes et pompiers redonnerait un sens à notre société fondée sur le développement humain et aurait un impact sur chaque citoyen indépendamment de son age, son sexe, sa condition, son emploi...ces besoins fondamentaux ont l'avantage d'être par définition universels.

Ca n'est pas suffisant, il y a tant de choses à faire, mais il faut se donner des priorités. Celles-ci sont d'ailleurs déjà nombreuses, mais elles ont un sens profond et donneraient un signal fort sur la société que nous souhaitons construire. Une société de liberté et d'épanouissement qui a un projet définit sur les besoins des citoyens, qui ainsi touche et concerne tout le monde et qui protège avant de s'enrichir.


Et la confiance?... bordel!

C'est compliqué, mais la confiance est au cœur de tout.

De tous bords, les détracteurs fondent leurs critiques sur un manque de confiance à l'égard de l'un et/ou de l'autre avec l'idée que les programmes et les paroles sont faits pour ne pas être respectés. On en revient à une de mes convictions les plus profondes et les plus simples à la fois, une des plus grandes leçons que la vie professionnelle m'ait apportée: dire ce que l'on fait et faire ce que l'on dit.

C'est seulement à ce prix que les prochains responsables politiques qui auront la lourde tâche de diriger la France pourront redresser le pays.

Alliances à sens unique 

Depuis 2014, le MoDem fait des alliances avec l'UMP/LR. Certaines ont été plus douloureuses que d'autres (Pelletier, Wauquiez, Estrosi). La stratégie dite à "géométrie variable" des précédentes municipales à travers laquelle les équipes locales avaient une certaine liberté d'alliance en fonction des hommes/femmes et projets locaux avait été mal comprise, sûrement aussi parce que mal ou insuffisamment expliquée.

En 2014, la création de l'Alternative et la campagne des candidats Les Européens avaient donné de l'espoir. Mais le résultat juste honorable avait toutefois été décevant avec environ 10% des voix et l'ensemble MoDem/UDI perdait des postes de députés européens.

Après le départ de Jean-Louis Borloo, il fallait revenir à une dure réalité: l'Alternative, ce rassemblement des centristes, n'allait pas subsister, et les alliances à droite allaient rapidement devenir le seul moyen d'avoir des élus. Ainsi se préparaient les Régionales 2015 et les alliances douloureuses dont nous avons parlé plus haut.

2 ans de panne

Ceci s'est poursuivi par l'annonce précoce d'un soutien (assez inconditionnel) à Alain Juppé, mais pas à son parti. C'était l'homme qui était choisi, son experience, sa modération, sa capacité à rassembler et sa volonté de travailler avec François Bayrou. Choisissant de se soumettre à la primaire de la Droite "et du Centre" (le soutien affiché des centristes à différents candidats validant finalement la justesse de cette appellation), Juppé n'a pu rassembler son camp en constante droitisation depuis des années.

Durant tout ce temps, nous perdions au compte goutte des compagnons de route qui ne s'y retrouvaient plus, et pour cause: toutes ces décisions étaient prises sans réelle consultation ni des adhérents ni du Conseil National.

Alors regarde!

Je n'ai jamais quitté le MoDem pour autant depuis mon adhésion en 2011, je m'en suis un peu éloigné pour un temps en 2014, n'ai pas soutenu la stratégie régionale en 2015 et me suis exprimé sur ce blog à ce sujet, mais j'ai finalement choisi de m'investir davantage pour donner mon avis et contribuer plus directement.

Aujourd'hui, nous sommes à un moment inédit de la politique française, jamais depuis 50 ans le jeu n'a été si ouvert et imprévisible car de tous les cotés, y compris dans notre camp, la confiance a trop été ébranlée, personne ne veut plus que les dés soient pipés, que la messe soit dite, ou qu'on lui dicte ce qu'il doit faire.

Devant la division de l'UDI et leur soutien immédiat à François Fillon, il est clair que le rassemblement centriste pour lequel je milite ne pourra pas se faire à partir des leaders et des appareils. Ceci renforce à nouveau l'utilité de la création du site Blogueurs Centristes (www.blogueurscentristes.fr) créé en octobre dernier pour rassembler par la base ceux qui écrivent sur la pensée et le courant centriste.

Emmanuel Macron a maintenant préempté l'espace centriste, en partie au moins. Les similitudes avec les idées et la volonté de "politique autrement" font que la position assez radicalement négative du MoDem vis-à-vis de l'ex ministre de l'économie est difficile à suivre. Mais Macron l'est tout autant, car  on ne saurait donner un blanc seing à un candidat sous prétexte qu'il a su déclencher une dynamique moderne et progressiste. Sa réussite à ce stade est incontestable mais il faut rester encore prudent me semble-t-il.

François Fillon a quant à lui choisi une ligne qui est difficilement défendable par un centriste, si ce mot signifie encore quelquechose suite à son usurpation par Hervé Morin and co. qui viennent de renommer leur parti Nouveau Centre en "Les Centristes".

Et de 4?

Reste alors une 4e candidature de François Bayrou. Encore difficile à envisager, encore difficile à suivre, car durant ces dernières années nous n'avons pas su continuer à faire avancer notre projet, à mettre en avant de nouvelles personnalités, à impliquer les adhérents ou leurs représentants (Conseillers Nationaux) dans les décisions stratégiques du parti. 

Mais il y a pourtant un besoin, une place pour une voix sincère, des idées sensées, une vision rassembleuse. Il faudra alors donner envie et que cela devienne une sorte d'évidence populaire. L'évidence que Mélenchon, le candidat du PS, Macron, Fillon ou Le Pen ne répondent pas à la question de fond:  quelle direction donner à la France et aux français pour retrouver confiance dans leur avenir et celui de leurs enfants?

Je suis content qu'aucune décision n'ait été prise dans la précipitation et qu'un nouveau travail sur le projet soit à l'ordre du jour (enfin!). En cas de candidature, il est difficile de croire à un deuxième tour, mais si l'intention y est, le ton est différent, les idées sont justes et l'organisation millimétrée, une dynamique pourrait émerger à la fois d'un projet convainquant, mais aussi de l'écroulement d'un ou plusieurs concurrents car tout peut encore arriver. 

Il n'y a pas encore de profonde adhésion à cette option et il y a trop de "si" mais j'ai à nouveau décidé de jouer cette manche avec le MoDem, au moins en attendant d'y voir plus clair notamment sur un choix d'alliance.

La plateforme agoradem.fr a donc été ouverte pour contribuer à ce projet présidentiel. Alors, à nos neurones et nos claviers! 



dimanche 20 novembre 2016

Le rassemblement du Centre c'est maintenant



Francois Fillon a remporté le 1er tour de la primaire, félicitations au vainqueur.

Commençons par un point politique rapide:

Ce résultat signe d'abord et avant tout la défaite de Nicolas Sarkozy et sa sortie définitive de la politique (mais en politique....). Dans ce sillon, c'est la défaite d'une droite version décomplexée, identitaire et sécuritaire avec les scores au ras des pâquerettes des candidats Poisson et Copé.

Ensuite, une fois de plus, l'alliance "de la Droite et du Centre" déçoit parce qu'elle n'est pas comprise surtout dans une primaire... de la Droite et malgré une participation d'électeurs de Gauche et du Centre à hauteur de 15% chacun.

Enfin, le renouveau de Bruno ou la nouvelle France de Nathalie, n'ont absolument pas imprimé. Les électeurs ont clairement plébiscité l'expérience et sans doute une certaine vision classique de l'incarnation présidentielle.

Ce résultat d'abord inattendu, puis de plus en plus probable au fur et à mesure que le jour J approchait, c'est d'abord et avant tout la victoire d'une vraie idéologie. 

Une idéologie de droite ultra-libérale et conservatrice qui ne laisse aucun doute à la direction que le Président Fillon prendrait s'il était élu. Une ligne très "travail, famille, patrie".

Face à cette idéologie claire et précise, la gauche va maintenant avoir l'opportunité de choisir sa ligne entre une vraie gauche socialiste et la dynamique plus moderne et libérale d'Emmanuel Macron, s'il parvient à l'incarner. Sauront-ils se rassembler? Macron se soumettra-t-il à la primaire de la gauche en janvier? Quoi qu'il en soit, il ne faut pas oublier que l'élection de ce soir est celle d'un camp et qu'il ne fait donc face à aucune opposition. 

Vous me direz sans doute qu'il y a un second tour dans cette primaire et qu'Alain Juppé a encore une chance. Mais après les déclarations de ce soir, le soutien des sarkozystes et au contraire le soutien des centristes qui va maintenant peser sur les épaules d'Alain Juppé, je pense qu'il n'est pas déraisonnable d'écrire ce billet en se projetant vers une victoire de François Fillon.

Dans ce cas, face à une idéologie de droite dure et sans aucune obligation vis-à-vis de ce résultat, la candidature de François Fillon pour représenter la Droite devrait donner lieu à un rassemblement centriste historique sur la base d'une idéologie à son tour claire et précise, sans compromis et finalement indépendante.

L'espace politique est très mince, surtout en présence d'un Emmanuel Macron, mais nous venons de voir où la constance et le sérieux idéologique pouvaient mener les challengers.

Que fera François Bayrou, sera-t-il candidat? Que fera l'UDI? Qui portera le mieux nos idées?

Une fois de plus je vous dirai qu'il n'y a rien à attendre de personne, il nous faut participer proactivement à l'élaboration de l'idéologie centriste du XXIe siècle qui n'a jamais réussi à s'affirmer...jusqu'à présent.

jeudi 10 novembre 2016

Le cri des chuchoteurs

Donal Trump, 45e Président des Etats-Unis.

L'écrire et le lire ne me permettent pas encore d'y croire complètement, encore moins de l'accepter. Mais il faut pourtant s'y résoudre à condition de le faire de manière active. Mon point de vue est le suivant; celui d'un farouche démocrate, un social-liberal, français et européen, ayant vécu 8 ans aux États-Unis et largement américanophile. Je vous livre ces pensées telles quelles, sans recherche bibliographique complémentaire, et donc à la merci de quelques oublis ou approximations.



Une spirale infernale 

Il est très difficile de dire aujourd'hui "c'était evident, on le savait!", ou encore "c'est à cause de la politique des huit dernières années" d'un Président qui a tant réformé malgré les difficultés et qui part avec 56% d'opinions favorables. Mais ce résultat ne sort pas du chapeau non plus.

Il y a à mon avis deux lames de fond qui mènent le monde d'aujourd'hui :

  • l'exclusion d'une grande majorité de la population mondiale de notre système économique et leur sentiment d'abandon et de rejet des élites (corrompues)

  • le retour d'une idéologie sectaire de domination, conquête et destruction, l'islamisme radical, véritable nazisme du 21e siècle.

On voit ces deux idées évoquées au travers de mots si souvent dits et répétés: les effets pervers de la globalisation, et la menace de l'islam politique.

On y voit aussi des conséquences et réactions depuis plusieurs années: de "occupy wall street" à "nuit debout" sur le versant économique, et bien sûr la montée du terrorisme dans de nouvelles formes plus imprévisibles, plus proches de nous, plus meurtrières aussi avec la création de Daech pour la partie nouvelle idéologie dominatrice/destructrice. 

Le mélange des deux s'opère dans une spirale vicieuse qui s'auto-alimente, créée cette fameuse et profonde crise identitaire qui se caractérise par une recherche de sens, un retour aux sources, un fort conservatisme, une montée des communautarismes, une peur et une haine de l'autre, un repli sur soi. Cela donne lieu aussi à des mouvements politico-sociétaux notamment en France avec la manif pour tous et sens commun par exemple.

Deux éléments fondateurs 

Les États-Unis, temple du communautarisme mais que je qualifierai d'integré puisqu'il fait  intrinséquement parti de leur système de société, sont davantage habitués à se définir par rapport à la condition, la religion, l'origine de chacun. L'existence de ces groupes est donc moins surprenante.

Mais il y a deux éléments fondamentaux qui sont à la fois inoubliables et omniprésents, et pourtant qui ne me semblent pas avoir été beaucoup évoqués dans les commentaires que j'ai entendu hier dans le contexte de l'élection de Donald Trump: les attentants du 11 septembre  2001 (l'islam radical) et la crise financière de 2008 (la globalisation et les élites corrompues).

Petit à petit depuis 2001, nous avons vu l'action et le discours politique évoluer et tracer la voie de la présidence de Trump d'abord avec les guerres de Bush junior et la bêtise de ses interventions publiques, puis avec le Tea Party que les Republicans ont laissé s'installer en leur sein, et sa représente de 2008 Sarah Palin.

L'impact profond du 11 septembre et de la crise des supprimes ont donné naissance a cette majorité silencieuse et blessée qui a porté Trump au pouvoir.

Un analyste politique sur CNN donnait l'exemple d'un commerçant qu'il avait interrogé au sujet de ses clients et du vote Trump et qui avait répondu avec une expression imagée que j'ai trouvé remarquable "oh yes, we have many leaners". To lean signifie se pencher, et il qualifiait de "leaners" ces clients qui se penchaient vers lui au dessus du comptoir pour lui dire silencieusement "je pourrais bien voter Trump...".

La discrétion voire la honte de ces chuchoteurs s'est transformée en un cri puissant. 

Un jeu mondial de domino

Ce qui a été dit et répété dans les dernières heures et qui me semble tout à fait vrai, c'est que nous avons là un mouvement mondial qui prend différentes formes dans différents pays, et en particulier cette année avec le BREXIT et l'élection américaine. C'est très vraisemblablement l'expression d'une même voie.

Cette voie est portée par de nombreux leaders dans plusieurs pays, et devient de plus en plus visible pour avoir déjà bénéficié de victoires électorales locales ou nationales: Farage et UKIP au Royaume Uni, Petry et l'AfD en Allemagne, Le Pen et le FN/RBM en France. D'autres pays européens ne sont pas en reste avec Hofer en Autriche, Wilders en Hollande et Orban en Hongrie. 

Ajoutez à cela les leaders et régimes totalitaires assumés comme la Corée du Nord, ou se cachant derrière des non-dits comme la Chine ou la Russie, ou malheureusement dictature en devenir comme la Turquie d'Erdogan. Envisagez les tensions de voisinage en mer de Chine méridionale, entre l'Inde et le Pakistan, la Russie et l'Ukraine, et bien sûr entre Israel et Palestine, sans oublier les guerres parmi lesquellles la plus polarisante et destructive en Syrie... vous avez un mur de dominos qui ne demande qu'à s'écrouler.

Si le BREXIT et l'élection de Trump sont les reflets d'un même vote, nous devons maintenant veiller à enrayer la progression. La France est bien sûr une piece maîtresse dans cette cascade de dominos.

La situation que je viens de décrire de manière assez lapidaire et un peu simpliste, ne me semble pouvoir évoluer ou être contrôlée qu'à une seule condition: une Europe puissante et influente.

La France a un rôle majeur et absolument central à jouer, et les elections de 2017 lui donne une nouvelle responsabilité dans l'objectif de la construction de cette Europe Puissance. Les hasards du calendrier font que les élections fédérales en allemagne se tiendront aussi en 2017.

2017 sera donc l'année de tous les espoirs et de tous les dangers.

Ne nous pouvons pas échouer. 


mardi 25 octobre 2016

La Fachosphère

Source image: blog d'Eric Mettout

"Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser." Françoise Giroud, 1996

Il ne s'agit pas de faire peur, ni d'avoir peur, pas d'affolement mais pas de prise à la légère non plus. Pas de slogans, pas de réponses simplistes mais une mise en demeure systématique, organisée, puissante, collective. Si la Fachosphère prospère c'est sans doute qu'elle ne rencontre que très peu de résistance.

Il y a bien sûr bien plus que cela derrière leur succès: le travail qu'ils fournissent, l'efficacité de leur rhétorique - celle des complotistes - et bien sûr l'état de la France, le mal-être de nombreux français.

L'objectif du site Blogueurs Centristes est de donner plus de visibilité aux auteurs de sensibilité centriste en définissant mieux notre courant, nos idées et donc réussir à fédérer à notre tour une Centrosphère. Une des conséquences vertueuses doit être d'opposer une nouvelle force à la Fachosphère si bien nommée à travers d'autres média indépendants.

Ce travail est intense, fatigant et ne saurait donc être exclusif car il faudra rester lucide sur l'impact face à des acteurs habitués au trollisme et autres techniques caricaturales en tout genre.

A chaque opposition, nous entendrons les classiques "arrogance de classe", "pensée unique", "vérité cachée", "liberté d'expression", "répression et censure", tout ce qui permet de faire planer le doute autour d'un complot oligarchique contre la société dont tous les représentants, académiques, politiques, partis démocrates et républicains, sont les complices. La globalisation est à l'origine de tout cela, l'Europe et l'Euro en sont les instruments et tout le monde est pourri.

Ce qui rend la tâche encore plus difficile, c'est que tout n'est pas faux, il y a des exemples réels d'excès du libéralisme, du capitalisme, tant de manquements à la parole politique.

Mais tout ceci ne doit pas nous laisser sombrer dans cette escalade de peur et de ressentiments.
Le discours démocrate devra donc se faire plus direct, moins polissé, pour réel et réaliste, moins politiquement correct. Il nous faudra savoir utiliser les mots qui ne sentent pas le technocratisme à plein nez, et sans prendre les gens pour des imbéciles, redonner une vision claire, positive, concrète et pragmatique.

Enfin, être à l'écoute de manière active sera un point essentiel de notre démarche, et il faudra que cela se voit clairement. Beaucoup de monde à simplement besoin d'être entendu et de savoir fondamentalement que leur voix et leur opinion compte, et sert à quelquechose.

C'est bien ça, un monde de bisounours que je viens de décrire et qui nous sera reproché. Pourtant, il y a des évidences et des comportements qui sont simples et peuvent servir de guide à notre action.

Commençons par dire ce que l'on fait, et faire ce que l'on dit.


Pour plus d'informations, l'article "Fachosphère: arme d'intoxication massive" dans Libération fait le point

dimanche 23 octobre 2016

Quand Sarkozy pleurniche

Ce sont les derniers soubresauts d'un corps à l'article de la mort politique. La fin d'une espèce parasite qui a fait bien du mal au pays.

Le plus frappant dans l'attaque en règle des sarkozystes contre François Bayrou?

Le caractère trépignant, voire "trépugnant", digne du gamin gâté, frustré et désespéré qui déploie des monuments de mauvaise foi parce qu'il n'admet pas avoir mal joué, parce qu'il refuse de perdre, parce ce que "c'est pas juste, il a triché!".

Comme Obama l'a récemment dit un Trump "arrête de pleurnicher!", et Sarkozy pourrait se l'appliquer.

Mais il y a un autre élément frappant à la lecture des signataires de cet appel: la liste des signataires en elle même! Pour le militant centriste que je suis, pour la personne engagée dans un objectif de politique autrement, c'est une véritable validation de l'action que nous sommes en train de mener.

Il ne pouvait pas y avoir de meilleure liste de ceux que nous souhaiterions voir simplement quitter la politique, à quelques exceptions prêts: je suis déçu par Baroin, Chatel, Daubresse... que j'avais peut-être mal jugé, mais voir figurer Ciotti, Darmanin, Estrosi, Dati, Jacob, Leroy, Sauvadet, Wauquiez, Woerth et plus loin Ceccaldi, Courtial, Dassault, Douillet (quel dommage...), Goasguen, Guirous (faisons-lui plaisir en la citant), Habib (!!!!), Hortefeux, Karoutchi...

Il ne manque que Balkani et pour les raisons que l'on sait, Morano, Copé, Guéant et Guaino pour compléter la liste des ignobles de la politique de droite.

Alors l'appel pour une véritable alternance tombe bien en particulier pour ceux qui prônent une véritable alternative!

Oh bien sur, ça ne sera toujours pas le cas avec Juppé, mais il est tout à fait possible que le Centre puisse avoir un rôle plus direct à jouer et se mettre enfin en condition de rassemblement et de construction unie et indépendante.

Le jeu en vaut la chandelle.




Mise à jour: réaction en règle du MoDem sur les réseaux sociaux avec le hashtag #165contre1, effet boomerang pour les sarkozystes. Petites contributions à ce mouvement