samedi 1 août 2015

Elections Régionales: le MoDem va-t-il perdre son indépendance?

La messe est dite, les alliances sont faites. Encore une étape, peut-être, la validation du Bureau - avec  consultation du CN? 

Les anglais appellent cela, la deuxième partie de ma proposition, du "wishful thinking", et c'est sans doute le cas.

Donc, c'est fait, nous sommes dans "la droite et le centre" pour les Régionales 2015.

Comment en sommes-nous arrivés là? Le MoDem a-t-il perdu son indépendance?

Un monde politique en mouvement

Sans entrer dans les détails, avec le Président Giscard élu sur un coup de pocker en opposition au Gaullisme (et nullement comme candidat d'un parti centriste) et une UDF généralement alliée au RPR, on peut accepter l'idée que le MoDem fut le premier et seul parti centriste indépendant. Ce statut, permis par la score élevé de François Bayrou en 2007, ne s'est pourtant pas traduit en succès électoraux, loin s'en faut. Avec presque 10% des votes soit 3 millions de français soutenant à nouveau le Président du MoDem en 2012 et un centre dont 12-15% des français disent se sentir proches à chaque sondage sur ce sujet, on peut pourtant dire que ce courant continue d'exister et est bien ancré dans l'opinion. Il ne trouve malheureusement pas les chemins du pouvoir.

Certains mettent cette difficulté sur le compte du mode de scrutin et de la bipolarisation des institutions, mais j'ai souvent écrit et continue de penser que l'échec est dû à des éléments plus controlables que ceux-là. En effet, je pense que l'on peut résumer les facteurs clefs de succès d'un parti politique de la manière suivante:

Crédibilité - qualité et nombre des hommes et femmes qui représentent le parti et des idées, propositions, programmes, cohérence entre les propos et les actions
Légitimité - expérience, probité, présence conséquente dans les média (qu'on le veuille ou non, c'est de nos jours un facteur clef de légimité)
Organisation - vie et formation des militants, communication interne et externe, efficacité des campagnes

Le MoDem n'a pas su exceller dans ces trois domaines mais a quand même suffisamment réussi pour continuer à avoir un poids, même relatif, en politique locale et nationale.

Cependant, c'est bien le FN qui a rafflé la mise de l'ouverture de la troisième voie, indépendante, sans alliance, mais avec des idées (même fausses) qui ont le mérite d'être simples (simplistes), claires et qui résonnent dans l'opinion; un discours qui reste le même et qui trouve une place de choix dans les média; et une organisation en particulier une communication très performante. Les divisions au sein des grands partis, l'impact sur la solidité des alliances à gauche et à droite et la montée de l'abstention comme consèquence justement de la perte de crédibilité et de légitimté de la classe politique dans son ensemble finalise le tableau d'un monde politique en mouvement.

Le prix de l'indépendance

Dans ce contexte, l'indépendance du MoDem s'est transformée en isolement. Je ne pense pas que ce soit ce que François Bayrou souhaitait, bien évidemment, mais c'est ce qui s'est produit dans les faits. Les autres partis et la vision étriquée des média ont contribué à ce que la position de Bayrou soit considérée comme à géométrie variable, girouette ou encore opportuniste. Pourtant, il n'en a rien tiré personnellement. La mairie de Pau? Le rapport de force était en sa faveur, et l'UMP avait intéret à s'allier sinon le PS serait passé. Le MoDem n'y a rien gagné non plus. Si ce n'est une certaine crédibilité pour avoir su rester en phase avec l'évolution du pays et proposer des solutions dont on a vu qu'elles auraient sans doute dues être appliquées où qu'elles l'ont été trop tard (sur le produire en France, la maitrise des dépenses de l'Etat, la moralisation de la vie publique...).

Et c'est ce qui est en jeu aujourd'hui. S'opposer radicalement à la gauche et s'allier systématiquement à la droite est exactement ce contre le quoi le MoDem et ses adhérents se sont élevés depuis 8 ans. Tout ça pour ça? Pour se retrouver aujourd'hui allié de la droite forte dans plusieurs régions? Le coup de massue risque d'être fatal du point de vue des adhérents et sympathisants qui s'accrochent pour de bonnes raisons à l'indépendance du centre.

Mais est-ce si radical et si systématique que ça en a l'air?

On peut quand même expliquer cette stratégie de la façon suivante:

L'objectif est d'avoir des élus pour continuer à exister, peser plus dans les décisions du pays, sans se renier. Pas évident.

La situation est qu'après avoir essayé de partir en indépendant à toutes les élections alors que les cousins exUDF-exUMP-nouveauxUDI regardaient amusés en se faisant élire et réélire à coups de petits arrangements à droite, le MoDem doit revenir vers une espèce de realpolitik électoraliste. Avec la nouvelle alliance UDI-UMP et le niveau zéro de communication entre les partis centristes, les choix du MoDem sont forcément plus restreints. Le rationnel est donc clair:

1. Il n'y aura pas d'impasse sur les Régionales
2. L'UMP a besoin de tout le centre pour gagner, ce qui donne un poids de négociation plus important que d'habitude
3. Ces négociations peuvent porter à la fois sur les sièges mais aussi les propostions, les idées et le ton de la campagne
4. Le FN donne un bon alibi à ces alliances

Ces différents points peuvent donc justifier que le MoDem conserve une indépendance, en particulier les points 2 et 3 puisque nous sommes de le gagnant-gagnant personne ne doit rien à personne, sans se renier complètement grace au point 4.

Les décisions Rhone-Alpes (L. Wauquiez), PACA (C. Estrosi) et Centre (G. Peltier même si l'UDI P. Vigier est chef de file) sont quand même difficiles à avaler, et IDF avec V. Pécresse et la clique de l'UMP92 (Balkany, Ceccaldi, Santini...) ne fait pas réver non plus.  Puisque, dans les média au moins, les dirigeants du MoDem restent encore équilibrés dans leurs attaques au gouvernement, on pourrait donc conclure que l'opposition à la gauche n'est pas si radicale et l'alliance à la droite pas si systématique puisqu'elle se fait sous conditions.

Tout cela reste quand même subtile...

L'Alternative Indépendante

En effet, il est difficile pour l'électeur de ne pas voir ces alliances comme un sorte de renoncement affectant ainsi le niveau de crédibilité dont peut bénéficier le MoDem. Ces alliances rendent le centre encore un peu plus "comme les autres" ce qui amoindrit sa légitimité et sa nécessité. Beaucoup de militants, à l'UDI comme au MoDem, souhaitaient la poursuite de l'Alternative comme pour les élections Européennes et donc une union UDI-MoDem au 1er tour. N'ayant pas été consultés, la confiance dans l'organisation risque d'être atteinte, et l'efficacité de militants qui ne vont pas être très impliqués dans des campagnes pour des candidats UMP sera aussi amoindrie. 

Et pourtant, une autre solution était envisageable, celle de l'Alternative bien sûr, où d'une clarté dans la ligne de conduite qui aurait permis a des listes centristes d'émerger avec confiance. Il y a quelques mois, j'avais proposé sur mon blog Des Mots Crates les deux points suivants qui auraient pu servir de cadre au MoDem pour ces élections:

1. Nous présenterons des listes centristes dans toutes les régions soit seuls, avec l'UDI ou d'autres formations centristes et citoyennes.

2. Nous ne ferons aucune alliance de deuxième tour avec des équipes se réclamant du FdG, PS ou de la majorité présidentielle, et considérerons celles avec les candidats UDI et/ou UMP en fonction des projets et des personnalités - se distinguant clairement des idées de la droite forte ou nationaliste et anti-européenne.

Je pensais que ce message et cette conduite auraient été clairs, mettant la gauche à l'écart pour ce cycle électoral car il ne faut pas non plus "tendre l'autre joue". J'avais également lancé un appel aux dirigeants du MoDem et de l'UDI pour un rassemblement des centristes. Vous pouvez d'ailleurs toujours le signer et partager, d'autres infos seront disponibles en Septembre/Octobre pour donner suite à cet appel: https://www.change.org/p/rassemblez-les-centristes 

Tout cela n'a eu ni une portée suffisante, ni un impact significatif, car je n'ai ni une voix qui porte suffisamment, ni un rôle politique visible et important, mais il reste essentiel pour chacun de nous de continuer à agir et porter les idées et la vision qui sont les notres. 

Cent fois sur le métier nous remettrons notre ouvrage, les coups d'épée dans l'eau seront nombreux, mais les ondes continueront à se propager dans la marre aux canards de la politique, et formeront un jour une vague de changement qui portera le pays vers l'horizon qu'il mérite. 

C'est dans cet espoir qu'il faut continuer à miser en prenant notre responsabilité de citoyens car le centre existait et existera avant et après les partis qui tentent de le représenter.

Le centre, c'est d'abord vous et moi.





dimanche 14 juin 2015

Nous sommes ceux que nous attendons!

Une fois n'est pas coutume. Les sondages sur la proximité politique des français et des partis se suivent et se ressemblent, mais les angles sont parfois un peu différents, donc toujours intéressants.

Une nouvelle enquête Odoxa pour la Parisien indique que 9 Français sur 10 ont une mauvaise image globale des partis politiques et plus d’un sur trois (34%) en a même une « très mauvaise opinion ».


Ils sont perçus comme démagogiques (54%) et trop centrés sur les élections (83%), et ne sont jugés ni utiles (72% de « non »), ni modernes (85%), ni porteurs de nouvelles idées (86%), ni proches des préoccupations des Français (90%) ni capables de proposer des solutions efficaces (91%) ni honnêtes (93%) ni crédibles (94%).


Avec des scores si bas, en dessous de 10%, sur des qualificatifs tels qu'être capable, honnête et crédible, nous pouvons nous poser des questions, voire nous inquiéter, sur un élément fondamental pour tout gouvernement et dans ce cas classe politique dans son ensemble: la légitimité.

Le peuple est la source de tout pouvoir démocratique. Que se passe-t-il quand on perd le peuple?

L'analyse me semble bien faite par Odoxa qui est ensuite allé creuser justement sur trois des propositions qui recueillent le moins d'adhésion de la part des français.




On retrouve le FN en tête dans deux cas, et ça n'est malheureusement pas surprenant. Les autres partis sont dans un mouchoir de poche, avec notamment le MoDem qui pour sa taille et son niveau d'exposition médiatique figure en bonne place, et l'UDI qui manque sans doute encore de notoriété surtout depuis le départ de Jean-Louis Borloo et son approche d'alliance avec l'UMP qui doit avoir un impact négatif sur son image. EELV apparait honnête mais assez déconnecté.

Même dans ce niveau de détail, nous voyons encore 10-12% qui ne se prononcent pas.

Malgré ce meilleur niveau de probité et un niveau proche des autres partis sur les autres mesures, la différence entre PS-UMP-FN et MoDem sur la proximité que déclarent les français est beaucoup plus large, ce qui reflète mieux les poids électoraux.


6% des personnes interrogées se sentent proches (ou moins éloignées) du MoDem et 5% de l'UDI. A priori, la question est "le parti duquel" et pas "les partis desquels" donc les répondants sont différents et nous pouvons, sans trop extrapoler, additionner les résultats dans un cas MoDem-UDI qui nous amènerait donc à 11% tout à fait au niveau des 3 leaders (mais toujours tellement en dessous de ceux qui n'ont plus de proximité partisane...).

Comme toujours, j'ai même la folie de penser qu'une telle proposition d'union et d'indépendance dans le paysage politique français serait même plus synergique qu'additive...

Mais nos leaders ne peuvent pas s'entendre, et il faut être honnête en disant que ce fait vient plutôt de la nouvelle gouvernance de l'UDI qui préfère se réfugier derrière l'UMP alors que Jean-Louis Borloo et François Bayrou avaient créé l'Alternative. Mais le MoDem risque de me faire mentir en Ile de France si le choix de s'allier à Valérie Pécresse se confirme au premier tour.

Au bout du compte le centre, c'est NOUS.

Nous sommes ceux que nous attendons....

SIGNEZ pour le rassemblement!

https://www.change.org/p/rassemblez-les-centristes



lundi 8 juin 2015

The negociator




"Jean-Christophe Lagarde hausse le ton face aux Républicains. Le président de l'UDI a souligné dimanche 8 juin, dans un entretien accordé au Journal du dimanche, qu'en l'absence d'accord global avec le parti de Nicolas Sarkozy, les centristes partiront sous leurs seules couleurs « dans trois à six régions » pour les régionales de décembre", rapportent les journalistes dans Le Monde.

Oh lala! Pffiouu! Quelle trouille!!

Ces petits arrangements et roulement d'épaules avec des postillons de testostérone non pas sur des idées, non, non, non, mais sur des désignations de têtes de listes... ça n'est plus la "politique autrement", grande motivation centriste, mais plutôt la "politique autrement pareille".

Que voulez-vous que je vous dise, ça n'est pas pour leurs leaders que je souhaite un rassemblement avec l'UDI, c'est le moins que je puisse dire!

Pourquoi ne pas prendre une carte UMP-LR? Ah bah non! Trop de compétition interne là-bas donc il vaut mieux qu'un parti de droite existe "au centre" pour que quelques individus puissent exister.

Ce qui m'agace le plus est qu'ils représentent des militants sincères et qui, pour certains, veulent vraiment une alternative indépendante au centre. Mais ils seront déçus, JCL a fait son choix d'alliance: d'abord avec l'UMP.

Jean-Louis Borloo aussi parlait de partenaire privilégié quand il nommait l'UMP, son ancien parti, mais il avait également la volonté de créer l'Alternative avec le MoDem.

Depuis la prise de pouvoir par JCL, il y a vraiment eu un grand pas en arrière dans le rassemblement du centre. Mais ce que d'autres voient, notamment certains à l'UDI, ce sont les élus. Bien sûr je ne dis pas que ca n'est pas important, mais je trouve cette stratégie de courte vue.

Certes ils ont gagné des élus aux municipales et départementales et pourraient même avoir des ministres en continuant leur chemin avec Nicolas Sarkozy vers 2017. Mais la situation appelle un chamboulement politique, pas une UDF-RPR bis.

Où sont les idées, les propositions, les convictions? Tout ce que j'entends, c'est une série de clichés, de cartes postales écrites avec un dictionnaire démocrate-chrétien et quelques accents libéraux pour faire plaisir à tout le monde: je suis pour la décentralisation, le fédéralisme européen, la maitrise budgétaire, la libération des entreprises, l'humanisme... Mais la politique n'est pas faite que de slogans et d'une stratégie de conquête du pouvoir, au moins pas dans mon esprit. Cette espèce de realpolitik qui pousse à l'alliance avec l'UMP à cause d'un système qui ne nous permet pas d'y arriver indépendamment me semble de plus en plus désuète .

  • D'autres dans d'autres pays y arrivent. Pourquoi pas nous?
  • La somme de l'union ET de l'indépendance du centre n'a jamais existé - l'UDF n'était pas indépendante car en alliance quasi systématique avec le RPR et en fait composée d'un vrai parti de droite (le Parti Républicain d'ailleurs, de VGE) associé à d'autres petits partis dont le parti centriste Centre des Démocrates Sociaux (CDS)
  • L'instant est historique face à l'incapacité du PS et de l'UMP à diminuer le chômage qui file sans discontinuer depuis 80 mois et la seule alternative représentée par un FN qui va à l'encontre même des valeurs fondamentales de la France - l'abstention continue à augmenter et il y a un vide politique intersidéral entre ces trois partis, courants, camps...


Dans ce contexte, je reproche à JCL de faire de l'entrisme en quelques sortes. Je pense que son plan de carrière est d'essayer de reproduire le schéma Sarkozy voire Valls en visant l'intérieur peut-être Matignon si l'UDI se montre décisif, et donc il veut "scorer" pour pouvoir mieux marchander, pas pour défendre des idées ou encore moins une autre façon de faire de la politique. Il se dit sans doute qu'en suite, avec assez de notoriété et le système des primaires, il aura peut-être une chance de rassembler "la droite et le centre" derrière son nom en 2022 ou 2027, s'il a montré patte blanche à la droite.

On va encore dire que pour appliquer ses idées il faut être au pouvoir et je suis bien d'accord. Je ne suis juste pas d'accord sur la façon d'y arriver, et je crois d'ailleurs dans le contexte actuel que le chemin de l'indépendance pourrait permettre un accès à la Présidence plutôt qu'une participation en coalition qui se termine toujours en soumission car "un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne!" disait Chevènement.

Le courage, de construire, de miser sur le long-terme même si cela signifie commencer par quelques défaites le temps de s'implanter et de s'organiser pour le futur qui nous intéresse tous pour une simple et bonne raison, comme nous disait Woody Allen...







dimanche 7 juin 2015

Je signe - pour un collège de l'exigence



François Bayrou, Pascal Bruckner, Jean-Pierre Chevènement, Luc Ferry, Jacques Julliard, et Michel Onfray ont lancé un appel pour obtenir le retrait du décret de « réforme » du collège.

Je signe et je soutiens cet appel.

Pas seulement parce qu'il vient notamment du leader du MoDem, mais pour quelques raisons précises qui sont mentionnées dans leur texte:

  • Je crois en effet que l'urgence se situe particulièrement à l'école primaire, et je me souviens aussi de ceux dans ma classe de 6e il y a bien longtemps qui savaient à peine lire. En tant que fils j'ai eu la chance d'être particulièrement suivi par une mère professeur, latiniste, italophone aussi, et ça m'a été facile. En tant que père, j'y suis aussi personnellement dévoué, autant que ma femme d'ailleurs, et nos enfants savent ou savaient lire avant l'entrée en CP sans les torturer ni en faire des singes savants. Tout le monde n'a pas cette chance et si l'école ne peut pas tout pour l'éducation des enfants, elle doit compter comme un devoir d'apprendre à TOUS les enfants à lire, écrire et compter dès l'école primaire.
  • Je crois également que l'enseignement des langues étrangères est absolument indispensable et que toute réforme qui porte en elle le risque de diminuer les chances de nos enfants à les apprendre doit être combattue. Dans mon cas personnel, c'est un peu different mais chacun se bat aussi un peu pour lui-même. Je suis un expatrié de retour en France cette année, mais mes enfants sont d'abord anglophones. Pour les 2 millions de français qui vivent à l'étranger et qui aspirent à revenir en France, il est indispensable de cultiver le bilinguisme et l'ouverture sur le monde à travers les langues.
  • Je crois enfin que l'idéologie n'a pas sa place dans l'éducation, et soupçonne fortement notre ministre, malgré ses démentis convaincants, de faire quand même de l'école un outil sociétal. L'école est sans conteste un lieu de formation de citoyens, mais chaque gouvernement a donc la responsabilité d'être garant d'une grande neutralité partisane quand il s'agit de l'école, et avoir plus qu'ailleurs recours au bon sens, à la juste mesure et au débat.


Pour toutes ces raisons, je signe et appel tout le monde à soutenir cette initiative de six hommes publiques de tous bords.

Cet appel peut être signé à l’adresse : www.pouruncollegedelexigence.fr

dimanche 24 mai 2015

Le centrisme sans parti

Le centre est une conviction, pas une hésitation. C'est une position sur l'échiquier politique, mais aussi une idéologie au sens propre du terme* - un système d'idées.

Quand je m'intéresse à l'histoire de l'UDF, aux tentatives du MoDem - sans hésitation les plus déterminées, et c'est pour cela que j'y suis encore - et aux activités de l'UDI, je me dis que tout cela n'est pas assez.

Pas assez courageux, pas assez réfléchi, pas assez volontaire.

Le courage serait de se détacher beaucoup plus significativement de la gauche et surtout maintenant la droite car l'UDI fait gravement pencher la balance.

La réflexion serait d'avoir des propositions claires et une organisation beaucoup mieux huilée.

La volonté serait d'unir le centre une fois pour toutes, de mettre fin aux chapelles et de s'atteler à former les leaders de demain.

Mais rien n'y fait, et la caravane passe.

Je dois reconnaitre que je vois beaucoup d'efforts du coté du MoDem en ce moment dans la préparation des Régionales 2015, mais l'UDI vient maintenant brouiller les cartes comme en témoigne l'article ci-dessous. En Rhône-Alpes-Auvergne, l'UDI et le MoDem ont une belle opportunité de se rassembler autour de Michel Barnier face à Laurent Wauquiez. L'UDI semble jeter l'éponge dans cette région, et peut-être même plus si on en croit cet article de Lyon Mag.

Attention à ne pas croire tout ce qu'il y a dans les journaux, mais il n'y a pas de fumée sans feu etc...

Même certains de mes amis centristes continuent de me dire que mon centre uni et indépendant est une chimère, et pourtant c'est bien la seule option qui n'ait jamais été essayée. Le Centre-Droit, le Centre à Droite... fait, défait et refait.

Je pense que les difficultés du centre viennent exactement du fait que personne, sauf François Bayrou, n'ait eu le courage de faire ce pas. On peut lui reprocher de s'être isolé ou bien on peut voir la situation d'un autre angle et reprocher à d'autres de ne pas avoir eu le courage de le rejoindre même s'il s'agissait de remettre en question son leadership au sein d'un même parti.

La priorité donnée à l'intérêt individuel avant l'intérêt général fait que le choix de plus de sécurité électorale (s'allier à l'UMP pour obtenir des sièges) a été favorisé à l'UDI par rapport à celui des convictions politiques.

Ainsi, je commence à me demander si la réunion de la base, des militants, a besoin de celle des partis politiques. Nous sommes un pays riche de ses associations, groupes de réflexion, et nous réunir pour pouvoir peser n'a pas besoin d'attendre qu'un grand parti du centre voit le jour.

Philippe Dervaux, militant UDI à Paris, semble suivre ce raisonnement avec la création de son think tank l'Alternative Crédible. C'est une démarche tout à fait encourageante que celle de réfléchir ensemble, publier, et enfin porter les idées au sein de l'UDI.

Avec ce blog, et au sein de la FFE-MoDem, j'essaye aussi de faire un peu la même chose. En étant au Conseil National du MoDem on peut s'exprimer. Enfin l'appel au rassemblement du centre a obtenu plus de 200 signatures. J'espère que nous pourrons atteindre les 300, mais quoi qu'il arrive nous allons transformer cet essai en proposant aux signataires de garder contact online mais aussi offline dans la vraie vie pour ceux qui sont proches.

Enfin, il y a un autre projet dans les tuyaux, nous aurons largement l'occasion d'en reparler...

Restons dans nos partis politiques pour continuer le combat électoral, mais poursuivons le travail de fond et l'effort de rassemblement militant et même plus largement, citoyen!

Mark Twain le dit mieux que tous: on ne lâche rien!




* Idéologie (Larousse): Système d'idées générales constituant un corps de doctrine philosophique et politique à la base d'un comportement individuel ou collectif

dimanche 17 mai 2015

La majorité des Français veut une alternative!



"On les dit tentés par le populisme ? Et si en réalité, les Français étaient avant tout demandeurs de renouveau ?" dit un sondage récemment publié dans Marianne.

C'est exactement ce que l'appel "L'Alternative Indépendante pour un rassemblement des centristes" leur propose. Alors continuons, nous avons choisi un combat juste, il sera par conséquent long et difficile.

Mais si le centre continue à correspondre, dans l’esprit des citoyens et de certains politiques, à une dispersion des votes de droite, nous ne pourrons exister que par défaut, de manière ponctuelle, en fonction du succès ou des échecs des uns et des autres. D’autre part, nous ne pouvons et ne devons pas porter sur nos épaules la responsabilité de la montée du FN en faisant des alliances de circonstance pour leur faire barrage.

Ne nous résignons pas, ne lâchons rien, les leaders du centre nous écoutent et voudront être certains de pouvoir compter sur un soutien aussi large que motivé.

A nous de jouer!




dimanche 10 mai 2015

20 jours: appel au rassemblement des centristes

20 jours - Bilan provisoire de l'appel au rassemblement des centristes: 193 signatures, ca n'est pas le Nirvana et croyez-moi j'en prends bien acte.

Il y a la méthode et le fond: cette pétition nécessitait un travail préliminaire de rassemblement (paradoxalement) et n'aurait pas dû être publiée ici si rapidement, j'ai été pris de vitesse et aurais dû ralentir. Ceci dit, ça n'est pas une excuse suffisante pour expliquer la lente progression. Il faut donc s'intéresser au fond. Elle ne convient pas à beaucoup (bien que le texte ait été modifié sur demandes spécifiques) parce qu'elle va trop loin pour beaucoup, ou que l'action en elle-même effraye certains qui ne veulent pas froisser les états majors des partis, ou d'autres qui ne sont pas d'accord avec la place d'une virgule, sans compter ceux qui auraient peut-être préféré que cela vienne d'eux - mais l'idéal aurait été d'avoir un groupe comme celui-ci derriere ce projet.

Oui, c'est décevant, mais aussi encourageant! Car 193 personnes n'est pas rien, et les 61 commentaires qui ont été ajoutés (je vous conseille de les lire) sont très déterminés!

Il est donc HORS DE QUESTION de laisser tomber ceux qui ont fait ce pas, ce simple effort de dire "ça suffit! Courage! Allons-y! Qu'est ce qu'on attend!", mais j'ai aussi compris qu'un groupe Facebook de 1600 ne sert à rien en terme de mobilisation concrète. Il faut donc que cet appel serve d'abord à réunir ceux qui sont vraiment motivés pour agir, pour créer une petite unité de combat centriste et réflechir sur le fond (les idées) et la forme (les actions), pour sortir de Facebook, ajouter d'autres canaux et bien sur être dans le réel, puis y revenir avec de nouvelles forces car cela reste une formidable plateforme d'accélération.

Ce bilan est provisoire et cet appel continue à réunir les centristes et à permettre la création d'une base solide.

On ne lâche rien!

SIGNEZ L'APPEL AU RASSEMBLEMENT