mercredi 7 mars 2012

François Bayrou au deuxième tour


Avant d’écrire un article que j’intitulerai “François Bayrou Président”, permettez-moi de développer et de rassembler quelques points qui devraient permettre à certains sceptiques d’envisager concrètement la possibilité de voir François Bayrou au deuxième tour contre François Hollande. Il faut être honnête, une élection est aussi une histoire de chiffres, alors déchiffrons !
Dans un article précédent j’avais écrit que Marine Le Pen était en train de marquer le pas d’une manière considérable. Ceci a une importance majeure, non pas parce que ces voix se reporteraient directement sur François Bayrou, mais parce que ca rend accessible la place symbolique de 3eme. Alors que la distance qui séparait les candidats était systématiquement comprise entre 7-9% il y a ne serait-ce qu’un mois, nous sommes maintenant entre 2 et 5%... voire 0% dans des sondages plus récents.
Ensuite, après un tassement dans les intentions de votes, on voit une dynamique se créer à nouveau et repositionner notre candidat autour des 13 à 15%. Ce mouvement s’accompagne d’un niveau très solide qui le conforte souvent à la première place de nombreuses enquêtes qualitatives sur son image (58% vs. 53% pour Hollande),  sa proximité avec le peuple (50% vs 47% Hollande), ou encore les opinions positives sur ses propositions (42% vs. 39% pour Hollande). Mais ca ne sera pas suffisant. Pour convaincre davantage de français et encore plus d’élus à le soutenir, il faudra s’installer de manière stable à un niveau entre 15 et 20%.
Deux autres éléments d’importance sont que d’une part Nicolas Sarkozy doit continuer à diminuer dans les sondages du premier tour pour se retrouver à moins de 10 points de François Bayrou, et que François Hollande continue d’infliger au Président une correction de 10 points ou plus au second tour. C’est ca qui créera une réelle et profonde inquiétude à droite, et poussera au rassemblement des modérés autour du candidat du centre.
Donc, la recette de l’accès au deuxième tour pour François Bayrou:
1.       Dépasser Le Pen
2.       S’installer solidement au dessus de 15%
3.       Rester à moins de 10 points de Sarkozy
4.       Continuer à voir Hollande battre Sarkozy à plates coutures au deuxième tour
Chacun de ces éléments a une probabilité tres raisonnable de se produire. L’ensemble des quatre diminue la probabilité bien entendu, mais le message suivant est le plus important : ca n’est pas impossible.
C’est à partir de là que l’abandon des soutiens de Nicolas Sarkozy, complété par un regain de confiance des anti-sarkozystes du centre-gauche qui restent tièdes par rapport à François Hollande, propulsera François Bayrou au deuxième tour.
Il est aussi important de rappeler que, contrairement au PS ou à l’UMP, Mr Bayrou n’a pas la série d’avantages acquis qui vient avec l’investiture des plus grands partis : un socle de 20-25% d’électeurs qui votent automatiquement pour le candidat PS ou UMP quel qu’il soit, un budget de 55 et 50 millions respectivement (5 millions pour le MoDem), une part de couverture par les grandes émissions de télé de 30% et 30% (8% pour Bayrou), et une clique d’élus par un système anti-démocratique qui ne comprend pas de proportionnelle.
Etre là ou il est dans ces conditions montre bien le besoin de renouveau que beaucoup de gens ressentent, mais que pas assez expriment… pas encore.
Contrôlons ce que l’on peut contrôler : comment faire pour que les gens osent ? Comment faire pour passer de « ca n’est pas impossible » à « c’est possible » ?
C’est le deuxième aspect le plus important de cette démonstration : il y a une stratégie, et le train est en marche :
1.       Le programme a été publié (www.bayrou.fr/programme)
2.       La sortie d’un livre va le compléter dans les prochaines semaines
3.       Les ralliements continuent (18 sénateurs ont annonce leur soutien le 7 Mars)
4.       Les meetings ont enfin commencé (1er, 6, 10 et 25 Mars au Zenith de Paris pour l’instant)
5.       Les grandes émissions de télé se succèdent, avec en plus une obligation d’équité à partir de mi-mars
Vous voyez bien ce qui se passe : au moment ou les français commencent à être fatigués de la Sarkhollandisation du débat, ils vont avoir l’opportunité d’écouter les propositions de François Bayrou, maintenant affinées, vérifiées, prêtes à être comprises et entendues.
Alors voila, j’attends déjà les détracteurs me répondre « mais tu rêves » ou « et si ma tante en avait… ». Et la raison pour laquelle je m’apprête, avec un petit sourire, à lire ces commentaires est tout simplement parce qu’il n’y a rien d’autres que l’on puisse dire sur ce candidat ou cette analyse.
Pas de fausses promesses ou de contradiction, pas de contrat interpartis signés sur le coin d’une table, pas de pression de dire ce qui fait plaisir aux extrêmes, juste un projet solide, droit dans ses bottes, indépendant.
A vous de voter…