dimanche 20 janvier 2013
Mariage pour tous: blocage camp contre camp
Le premier bord, celui de certains homosexuels et/ou égalitaristes : concernés personnellement par ce débat, ils perdent toute faculté de discernement, d’écoute de l’autre ou d’acceptation d’un point de vue différent. Ils placent toute question ou toute critique sous le sceau du conservatisme, de l’obscurantisme et/ou de l’homophobie.
De l’autre coté, les vrais homophobes et les vrais conservateurs, parmi lesquels ceux qui sont pieusement religieux : impossible pour eux d’imaginer une évolution d’une telle ampleur, brandissant comme toujours la nature même de la physiologie homme-femme, les précieux fondamentaux de notre société, et l’unique définition de la famille représentée par un homme (sans doute le chef de famille), une femme (pourquoi pas au foyer), des enfants (deux en moyenne) et éventuellement des animaux domestiques (j’imagine une préférence pour les chiens).
Tous ceux-là font du bruit. Ils crient, ils postillonnent, ils s’indignent, ils se choquent et surtout, ils pourrissent le débat. Chaque parole décrédibilise un peu plus leur « camp », et on s’enfonce dans la division et l’incompréhension.
Une solution pour tous?
Pour information, je ne partage même pas la réticence de François Bayrou vis-à-vis de l’utilisation du mot mariage, mais je la comprends, je la respecte et je trouve sa position très claire.
L'origine de ce débat est une question de droit, d’égalité face aux droits, de reconnaissance de l'existence de couples homosexuels qui doivent être, aux yeux de nos institutions, des citoyens exactement comme les autres.
Le mariage civil, en dehors du cadre religieux, avec les mêmes droits que les couples hétérosexuels est donc tout à fait logique, irréfutable.
Mais au delà de la religion, il existe des traditions, l'histoire d'une société qui s'est construite sur la base de certains repères qui sont chers à beaucoup de français. Sans même se poser la question de savoir qui serait majoritaire ou minoritaire, il est clair que ces personnes ont droit au même type de considération que les couples homosexuels. On parle d’égalité et de liberté, mais quid de la fraternité? C'est aussi de cela dont il est question, le sentiment de respect et d’amitié pour ceux pour qui l’héritage traditionnel compte.
Le progrès consisterait donc à dire qu'il n'y a pas à tergiverser sur l’égalité des droits de nos citoyens et qu'il est urgent de légiférer pour corriger ce manque inacceptable, mais que le nom que l'on donne à cet acte civil ne relève absolument pas de l'application du droit. Au contraire, la possibilité de choisir un autre terme que « mariage » nous permettrait de faire progresser notre société dans la fraternité.
Mais qui, de nos jours, passe les propositions politiques au crible de la devise de notre République?
PS: pour information concernant ceux qui objectent que la proposition d'utiliser "union civile" est anticonstitutionnelle, les juristes ont indiqué qu'il serait anticonstitutionnel de réserver ce contrat d'union civile aux seuls homosexuels et qu'il devait aussi être ouvert aux hétérosexuels.
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Mon respect (chagriné, dépité mais tout de même: profond, réel) pour les Français sur la question du mariage pour tous s’exprime ici:
RépondreSupprimerhttp://ysengrimus.wordpress.com/2013/02/15/louis-xiv-le-minitel-et-le-mariage-pour-tous/
Ils y sont finalement arrivés. Chapeau, les Coqs.
Paul Laurendeau