jeudi 13 février 2014

L'ombre du Centre




A l'heure où les journaux nous expliquent que le MoDem va imploser sous l'effet des municipales, il faut clairement distinguer le courant de pensée de ses représentants politiques.



Plus les jours passent, plus je me dis que la raison d'être du MoDem n'est plus. Petit à petit, il cesse d'être le digne représentant ce qu'il est censé représenter. La troisième voix, la politique autrement, le pluralisme, le social-libéralisme ou encore la libéral-démocratie… Peu importe le nom qu'on lui donne, il existe en France une pensée politique et un positionnement correspondant à une frange de la population qui a besoin de son expression pleine et entière.

Le parti va continuer d'exister, tant que Francois Bayrou dira qu'il existe, mais pour quoi faire? Pour apporter quoi? Décréter (silencieusement) que l'on avait essayé l'indépendance et que nos institutions la rendent impossible, de manière à justifier un nouveau système d'alliances à droite au nom d'une sorte de real politik, est typique de ceux qui croient que si EUX n'y parviennent pas, c'est que personne n'y arrivera.

Je n'en crois rien et m'adresse ici aux partisans de l'idée que l'on peut changer les pratiques politiques en France, et la façon de gouverner.

Ceux-là n'ont pas à être des "déçus du MoDem, déçus de la gauche ou de la droite, ou des dégoutés de la politique. Non.

Ceux-là sont venus au MoDem parce qu'ils avaient enfin trouvé leur famille politique, celle avec qui, enfin, ils pouvaient être d'accord à 80%, celle qui les mettait à l'aise dans leurs convictions et qui leur donnait envie de s'engager en politique, c'est à dire s'impliquer dans les affaires publiques (vs. gagner des strapontins). Ces personnes existent, notamment parmi les jeunes comme le révèle une enquête récente publiée dans Le Monde. Ces personnes n'ont besoin que d'une organisation qui les accueille et les fédère autour d'un projet sérieux, ambitieux et clairement articulé. Un projet reconnaissable, avec une vision et un plan d'action, pas un patchwork de propositions usées ou de promesses sans lendemain. Nous l'avons vu en 2007 (ça aura au moins servit à ça), la base de 6-9% traditionnellement estimée pour l'électorat centriste peut rapidement devenir une force centrale incontournable.

Un parti doit avoir des élus, mais nous savons aussi ce que font des élus sans parti: de la tambouille politicarde pour être réélus.

Je l'avais déjà dit et je le redis ici: partisans du centre indépendant, restez groupir! 

Soyons les Jedi du Centre, continuons à rester impliqués dans l'action publique, développons nos idées, notre expertise, notre réseau, discutons, échangeons, construisons.

L'heure viendra où nous aurons un choix à faire, au sein d'une structure, ou en créant une nouvelle.

Patients, mais surement pas passifs: préparons-nous.